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Version(s)

DOROTHÉE

MUNYANEZA


2025

Version(s)

DOROTHÉE

MUNYANEZA


2025

« Même ma famille a besoin de griots.

Une résonance, une légende. »


On est en 2021 quand je rencontre Christian Nka pour la première fois, un jour que j'accompagne mon époux sur un projet mené par l’association qu’il dirige en lien avec d'autres acteurs locaux du parc Foresta, un grand terrain dans les quartiers Nord de Marseille.

Christian Nka vient de là-bas, des quartiers Nord.

Il est connu là-bas.

Christian Nka qui est né non loin de là a pour habitude de venir pratiquer le sport à Foresta, il y anime des entraînements de boxe.

Christian Nka est une légende. Un ancien champion de boxe.


Dès la première rencontre je le trouve remarquable.

Son physique est frappant.

Grand de taille, larges mains, une longue barbe fournie, des yeux verts, teint cuivré.

Il donne l’impression d’une force immense.

Sa voix est grave, sa pensée complexe, ramifiée, politique et poétique.

Je lui propose un jour de le rencontrer dans le cadre du travail. Il accepte.

Christian Nka est une légende.


Trois ans plus tard, pendant quinze jours, nous travaillons à la Fondation Camargo à Cassis.

Nous apprenons ànous connaître.

Il me raconte sa vie, sa trajectoire, sa mère, son père, le pays du père.

Un jour il me dit : « Je suis sorti du ventre de ma mère mais je suis resté dans le ventre de mon quartier. »

Il me raconte là où il a grandi, il me raconte une vie en dehors du système, le choix de la marginalité.

Christian Nka est une légende.


« Il y a plusieurs versions de moi, plusieurs catégories. »

On fait face àla virilité, à la masculinité, on évoque le père, « dans père, j’entends repère », ce qu’on hérite et de ce qu’on laisse, la reconnaissance, le corps devenu mémoire. Il me raconte la violence avec laquelle / contre il s’est construit et qu’il aimerait témoigner telle quelle : « je sais qu’à travers la poésie on peut ». On parle de la peur « Ne pas pouvoir me défendre ».


Ces deux semaines sont une traversée, face à la mer.

Il m’apprend des gestes de boxe face à la mer.

Face à la mer, il danse aussi.

« Combien de temps faut-il pour faire un homme ? », me demande Christian un jour avant de poursuivre, « Je te dis ce que je pense parce que moi je ne suis pas encore ‘fait’. »

« Viens, on met les gants.

Tranquille l’orage va passer. »


Version(s) est une traversée, une danse, une survivance, un long poème.

J’invite Ben LaMar Gay, compositeur musicien de Chicago, compagnon de longue route, àcomposer une partition sonore de variations pour Christian Nka.

À travers les notes, à travers les mots, à travers le corps, s’esquisse le portrait de celui qui un jour m’a dit : 

« On doit se distinguer de ce qui paraît perdu ».

Dorothée Munyaneza, 2024


Performance-installation-concert, Version(s) met face à face deux hommes, Christian N’Ka, ancien boxeur, légende des quartiers nord de Marseille, éducateur, poète, en marge d’une société et d’une violence avec et contre laquelle il s’est construit, et Ben LaMar Gay, compositeur-musicien-explorateur sonore de Chicago, compagnon de longue route de Dorothée Munyaneza pour qui il a composé de nombreuses musiques.

En dressant le portrait de Christian à travers les sons de Ben, Dorothée se saisit pour la première fois de la question de la masculinité, mais aussi de celle du père, de ce que l’on hérite et de ce que l’on transmet.


Direction artistique

Dorothée Munyaneza


Texte, collaboration artistique, performance

Christian Nka


Musique/ performance

Ben LaMar Gay


Images, collaboration artistique

Maya Mihindou


Production

Virginie Dupray / Cie Kadidi, assistée de Nouria Tirou


Coproduction

Théâtre National de Chaillot (en discussion), Maison de la Danse de Lyon (en discussion), Festival d’Automne à Paris (en discussion), Kaai Theater (en discussion), Kunstenfestivaldesarts, Bruxelles (en discussion), Tanz im August, Berlin (en discussion)


Avec le soutien de la Fondation Camargo – Cassis et de la DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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